Podcast Data Brief, épisode 1, 18 septembre 2026
Survie des entreprises en Eure-et-Loir, racontée en sept minutes
Premier résultat, à l'échelle du département. Sur les 14 548 entreprises créées entre 2016 et 2020 et mesurables dans le jeu, 71,3 % sont encore actives cinq ans après leur création. À trois ans, sur les entreprises créées entre 2018 et 2022, le taux atteint 75,5 %. Autrement dit, environ sept entreprises sur dix passent le cap des cinq ans.
7 min 02 s, mp3 de 2,5 Mo. Épisode lu par une voix de synthèse (fr-FR-HenriNeural (edge-tts)), texte écrit et vérifié par Trésor Kaya. Télécharger le fichier.
Jeu de données lu dans cet épisode
Département d'Eure-et-Loir, jeu « [Extrait Eure-et-Loir] Base SIRENE » (extrait-eure-et-loir-base-sirene) sur data.eurelien.frTables complètes, méthode et graphiques : survie des entreprises en Eure-et-Loir, page de l’observatoire.
Transcription intégrale
Le texte ci-dessous est exactement celui lu dans l’épisode.
Bonjour et bienvenue dans Data Brief, le podcast données des Créavores. Le principe est simple : un jeu de données ouvert par épisode, ce qu'il mesure, ce qu'il ne mesure pas, et d'où vient chaque chiffre. La voix que vous entendez est une voix de synthèse. Le texte a été écrit et vérifié par Trésor Kaya, pour Les Créavores.
Pour ce premier épisode, direction l'Eure-et-Loir. La question est la suivante : parmi les entreprises créées dans le département, combien sont encore actives cinq ans plus tard ? Et la réponse change-t-elle d'un territoire à l'autre ?
La source, d'abord. Tous les chiffres de cet épisode viennent d'un seul jeu de données : l'extrait Eure-et-Loir de la Base SIRENE, publié par le Département d'Eure-et-Loir sur son portail data.eurelien.fr, à partir du répertoire SIRENE de l'INSEE, sous Licence Ouverte d'Etalab. Le jeu compte 210 960 lignes, dont 82 560 établissements actifs et 128 400 établissements fermés. Côté entreprises, on y trouve 124 529 lignes rattachées à une unité légale active, et 86 431 lignes rattachées à une unité légale cessée. Les données sont à jour au 31 juillet 2026, et nous les avons lues le 17 septembre 2026.
Un mot sur la mesure. On parle ici de taux de maintien. Le taux de maintien à cinq ans d'une cohorte, c'est la part des entreprises créées une année donnée, avec un siège d'origine en Eure-et-Loir, qui sont encore actives au 31 décembre de la cinquième année suivant leur création. Si une entreprise déménage son siège, même hors du département, elle n'est pas comptée comme disparue tant qu'elle reste active.
Premier résultat, à l'échelle du département. Sur les 14 548 entreprises créées entre 2016 et 2020 et mesurables dans le jeu, 71,3 % sont encore actives cinq ans après leur création. À trois ans, sur les entreprises créées entre 2018 et 2022, le taux atteint 75,5 %. Autrement dit, environ sept entreprises sur dix passent le cap des cinq ans.
Deuxième lecture, par arrondissement. Le département en compte quatre, et ils ne se situent pas au même niveau. L'arrondissement de Châteaudun arrive en tête, avec 76,7 % à cinq ans. Suit celui de Nogent-le-Rotrou, à 74,4 %. Puis Dreux, à 70,5 %, et Chartres, à 70 %. Entre le premier et le dernier, l'écart atteint 6,7 points. Ce classement a une particularité : l'arrondissement de Chartres, qui affiche le taux le plus bas des quatre, est aussi celui qui rassemble le plus d'établissements actifs, près de la moitié du parc du département.
Troisième lecture, par intercommunalité. Les 12 intercommunalités présentes dans le jeu ont été réparties en deux groupes. D'un côté, les agglomérations et la frange francilienne : Chartres Métropole, l'Agglo du Pays de Dreux, les Portes Euréliennes d'Île-de-France et le Pays Houdanais, soit 4 intercommunalités. De l'autre, la Beauce et le Perche, avec 8 intercommunalités. Le premier groupe affiche un maintien à cinq ans de 69,5 %. Le second, de 75,6 %. Cela fait 6,1 points d'écart.
Question logique : cet écart vient-il simplement du type d'entreprises créées ? Les entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs compris, se maintiennent moins longtemps que les sociétés. Dans le département, leur taux de maintien à cinq ans est de 58,7 %, contre 97,7 % pour les sociétés civiles, qui comprennent les SCI. Or les entrepreneurs individuels pèsent un peu plus lourd dans les créations du premier groupe : 55,9 % des créations entre 2016 et 2020, contre 52,1 % en Beauce et dans le Perche.
Pour en avoir le cœur net, on applique aux deux groupes la même composition juridique, celle du département. Résultat : l'écart passe de 6,1 à 4,4 points. La composition juridique des créations en explique donc un peu plus d'un quart. Le reste demeure. Et ce contrôle apporte une nuance : pour deux familles juridiques, les SARL et EURL d'une part, les autres formes d'autre part, ce sont les agglomérations qui prennent l'avantage. Pour les SARL et EURL, par exemple, 82 % de maintien à cinq ans dans le premier groupe, contre 79,8 % en Beauce et dans le Perche.
Un groupe n'est pas pour autant un bloc homogène. En Beauce et dans le Perche, la communauté de communes du Perche affiche 79,3 % de maintien à cinq ans, le taux le plus élevé des intercommunalités du département dont la base est suffisante pour être lue. Mais dans le même groupe, Terres de Perche est à 66,4 %, sur 456 entreprises mesurables. C'est le taux le plus bas de cette même liste. La moyenne d'un groupe cache donc des situations locales très différentes.
Quatrième lecture, les secteurs d'activité. En haut du classement, les activités immobilières, à 89,2 % de maintien à cinq ans, puis l'agriculture, la sylviculture et la pêche, à 87,2 %, et les activités financières et d'assurance, à 86,9 %. En bas, l'information et la communication, à 49,4 %, et les transports et l'entreposage, à 46,2 %. L'écart entre ces deux extrémités dépasse largement l'écart observé entre territoires : dans ce jeu, l'activité exercée sépare davantage les taux que le territoire.
Dernier repère, l'année de création. Le taux de maintien à cinq ans varie d'une cohorte à l'autre. Il atteint 77,1 % pour les entreprises créées en 2016. Pour la cohorte 2020, la plus récente que l'on peut suivre sur cinq ans complets, il est de 65,5 %. Les cohortes suivantes n'ont pas encore cinq ans de recul.
Venons-en à ce que ce jeu ne mesure pas. Il ne dit rien du chiffre d'affaires, de la rentabilité ou de l'emploi. Encore active veut dire active au sens du répertoire SIRENE, c'est un statut administratif, pas un diagnostic de santé. Le jeu ne dit pas non plus pourquoi une entreprise s'arrête : une cessation peut correspondre à une difficulté, mais aussi à un départ en retraite, à une vente ou à une réorganisation. Pour quelques entreprises cessées, la date de cessation est laissée libre dans la source : elles sont retirées du calcul, et leur nombre est publié cohorte par cohorte sur la page. Enfin, ces taux décrivent ce qui s'est passé pour des cohortes entières. Ils ne donnent pas la probabilité qu'une entreprise donnée se maintienne.
Pour aller plus loin, toutes les tables sont en ligne, arrondissement par arrondissement et intercommunalité par intercommunalité, sur la page Eure-et-Loir de l'observatoire de la survie des établissements, sur lescreavores.fr. Le lien vers la fiche du jeu sur data.eurelien.fr figure en tête de cette page, et dans la description de l'épisode. Merci au Département d'Eure-et-Loir pour la publication de ce jeu en données ouvertes.
C'était Data Brief, par Les Créavores. À bientôt pour un prochain jeu de données.
Pour aller plus loin
- Observatoire : survie des entreprises en Eure-et-Loir arrondissement par arrondissement, intercommunalité par intercommunalité, à forme juridique égale et par secteur.
- Fiche du jeu sur data.eurelien.fr publiée par le Département d’Eure-et-Loir à partir du répertoire SIRENE de l’INSEE.
- Tous les épisodes de Data Brief et le flux RSS.
Étude indépendante des Créavores. Elle n’est produite, validée ni endossée par le Département d’Eure-et-Loir ni par l’INSEE.